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Chapelle des Pénitents Blancs : lancement des travaux de restauration intérieure

Inscrite au titre des Monuments Historiques en 1994, la chapelle des Pénitents blancs de Villeneuve-sur-Lot a été classée en 2014 avec son mobilier. Ce statut a permis d’initier une réflexion autour de sa restauration intérieure dont les travaux viennent de démarrer. Objectif : rouvrir l’édifice au public.

Villeneuve chapelle des Pénitents Blancs

Pour mémoire

En 2000, la municipalité a engagé la restauration extérieure de la Chapelle des Pénitents Blancs et l'a inscrit dans le circuit touristique du Villeneuvois. Fleuron de la rive gauche, elle est classée en 2014, et désacralisée.

La municipalité souhaitant permettre au public de découvrir ce riche patrimoine, il lui est apparu nécessaire de restaurer l'intérieur de la Chapelle et d’y exposer les objets qu’elle renfermait, parmi les plus riches de France.
Depuis plusieurs années, la Drac Aquitaine soutient ce projet de restauration. Elle a notamment encouragé la demande de classement de l'édifice et accompagne scientifiquement les services de la commune.

Les objectifs de la Ville

Avec la réouverture au public et dans les meilleures conditions d’accueil de la chapelle des Pénitents Blancs, la Ville confirme sa volonté de valoriser le patrimoine historique de la Bastide, source d’attractivité culturelle et touristique pour Villeneuve.

Elle entend aussi, d’une certaine manière, se réapproprier son histoire et faire redécouvrir le système des confréries -dont l’importance a été grande à partir du XVIIe siècle- et dont les associations contemporaines sont en quelque sorte les héritières.

L'Office de Tourisme du Grand Villeneuvois trouvera avec ce site, un argument patrimonial de premier plan pour enrichir encore l'offre touristique du territoire.

Enfin, le label Pays d'Art et d'Histoire accordé au Grand Villeneuvois en 2012, permettra par ailleurs d'assurer la promotion de ce lieu original et d’en favoriser la fréquentation, aussi bien par le grand public que les scolaires.

Le programme de restauration

La chapelle des Pénitents Blancs à Villeneuve-sur-LotCroisant restauration et muséographie, le chantier ne peut être réalisé qu’en une seule tranche ; la nature du programme et l’aspect muséographique indispensable à la présentation des objets inscrits ou classés*, ne permettent pas la division en tranches successives de travaux.

L’objectif est donc d’œuvrer simultanément sur la restauration intérieure de la chapelle proprement dite et des bâtiments annexes, la restauration des façades donnant sur la ruelle Est et sur la grande cour carrée (qui mène au clocher).
Outre la réfection complète de l’électricité, un désencrassage total devra être entrepris, avant d’entamer sur place la restauration des boiseries, des faux marbres, des vitraux, de la nef avec son système de voûte fait ses vitreries peintes, des consoles du XIII, etc.

La maîtrise d’œuvre pour la restauration intérieure et l’aménagement de l’édifice a été confiée à l’agence Thouin Architecture.

La restauration du mobilier, quant à elle, a commencé fin 2017. Elle a été confiée à la Lot-et-garonnaise Tiziana Mazzoni, restauratrice d’œuvres d’art agréée Monuments Historiques. Elle a notamment travaillé sur deux bustes reliquaires de Saint Urbain et de Saint Pie, sur une statue de Saint Jean Baptiste et une autre de Saint Jean l'évangéliste, sur un ensemble de 2 anges lampadophores, et sur le haut relief du retable du maître autel.

Parmi les nombreux objets inscrits ou classés, se trouvent notamment : des bâtons et des croix de procession, des ostensoirs, des éléments de retables, des dais, des textiles, etc. provenant à la fois de la chapelle des pénitents Blancs et de la Chapelle des pénitents Bleus.
Tous sont conservés précieusement conservés dans les réserves du musée de Gajac, inaccessibles aux visiteurs.

Le plan de financement

Montant global du chantier : 750 000 € HT

Subventions :
- État : 240 000 €
- Région Nouvelle Aquitaine : 60 000 €
- Conseil départemental de Lot-et-Garonne : non connue à ce jour (jusqu'à 25% du HT éligible)

La part de la commune dépendra de la subvention accordée par le Département.

Rappels historiques

Une confrérie de pénitents est une association de citadins (les confrères) laïcs pieux qui manifestent une grande ferveur dans leur pratique de la religion. Ils ne font pas partie du clergé, édifient leur propre chapelle, portent un costume spécifique (le sac) et élisent leurs officiers. Chaque confrérie édite des statuts qui constituent la règle de conduite du pénitent.

Les pénitents sont tenus de mener une vie irréprochable, d'assister à certains offices religieux et de suivre les processions. Les œuvres de charité constituent un autre de leurs devoirs majeurs. Les pénitents doivent aider leurs confrères malades, secourir les pauvres et les mendiants, assister aux funérailles des confrères morts, veiller à la solennité des convois funèbres. L'enterrement organisé par les pénitents restera longtemps le gage de funérailles pompeuses.


A Villeneuve-sur-Lot, au milieu du XVIIIe siècle, il existe une différence sociale très nette entre les pénitents bleus et les pénitents blancs. L'aristocratie et les gros négociants de la rive droite figurent en majorité au nombre des officiers de la confrérie des pénitents bleus tandis que les pénitents blancs de la rive gauche rassemblent petits bourgeois et artisans. Cette différence correspond à la répartition socio-professionnelle entre les quartiers de la rive droite et de la rive gauche.

A la Révolution, la plupart des chapelles de pénitents sont saisies. A Villeneuve-sur-Lot, les deux confréries renaissent en 1803. Les Pénitents bleus sont néanmoins contraints de racheter leur propre chapelle. Les différences sociales entre les deux confréries tendent alors à s'estomper.
Dès le XVIIIe siècle, on reproche aux pénitents les aspects profanes de leur confraternité : leurs repas sont trop nombreux et trop arrosés. On remet en cause leur aspect "bonhomme" et joyeux, le bavardage dans les processions ou dans la chapelle, bref un ensemble de déviations profanes.
A la fin du XIXe siècle, de nombreuses confréries se transforment, comme à Villeneuve, en société d'entraide mutuelle. Ces actions d'entraide, jusqu'alors modestes, s'intensifient grâce à la création d'une caisse indépendante qui permet d'apporter de l'aide aux confrères dans le besoin. Pour y adhérer il faut avoir entre 18 et 60 ans, n'être atteint d'aucune maladie incurable. Chaque membre verse une cotisation annuelle qui lui assure les prestations comme maladie, hospitalisation, achat de médicaments, pensions, retraite, assurance décès. Cette « caisse » permet également d’aider les veuves de confrères décédés, ou de financer les études de leurs enfants.

Détruite au début du XXe siècle, la chapelle des Pénitents bleus était située rue du Puits-Couleau. Elle se caractérisait par la richesse de son retable dont plusieurs éléments ont été redécouverts et identifiés à la fin des années 1990.
La chapelle des Pénitents blancs abrite des objets des deux confréries.

Dernière modification : mercredi 30 janvier 2019